Les textes gagnants de l'activité 3

Tous les textes soumis pour l’activité de création 3, Une star tombée du ciel, étaient excellents. Certains faisaient voyager la star à Hawaii, au Nunavut ou encore à Hollywood. D’autres l’expédiaient au Bangladesh, en Transylvanie ou encore sur des îles truffées de dangers et de prédateurs sauvages. Parce qu’il était impossible de tous les faire gagner, toutefois, le jury a tout de même dû trancher. Sans plus attendre, donc, je vous présente les textes gagnants.

1er prix – Avant_le_verbe

À la manière de Kubrick

Où suis-je? Une douleur aigue me vrille le crâne lorsque j’essaie de relever la tête. Suis-je devenue aveugle? Et pourquoi m’est-il impossible de bouger? Je me démène, en vain. Mes poignets sont solidement attachés à la chaise de bois que je devine sous moi. Si seulement je pouvais voir autour! On m’a bandé les yeux, qu’est-ce qui se passe?

Mais comment en suis-je arrivée là… Des images d’aujourd’hui – ou était-ce hier? – me reviennent en tête : l’appel de mon agente, le départ précipité, le voyage en avion…. Et à l’arrivée, la limousine, le chauffeur aux gants trop blancs, le champagne, et cette sensation d’étourdissement, comme si un millier de papillons virevoltaient autour de ma tête. Ai-je été droguée? Enlevée? S’attend-t-on à une rançon? On m’a pourtant assurée que je n’étais pas si connue dans ce trou perdu qui nous servira de lieu de tournage…. Ça m’apprendra à voyager sans escorte! Fais chier…

Une lumière trop vive est allumée. Au travers du mince tissu, je distingue deux silhouettes qui s’avancent vers moi, deux silhouettes féminines. L’une d’elles prend la parole :

-Mademoiselle Bukowski… Quel plaisir de vous avoir enfin parmi nous…

J’essaie d’entrevoir les traits de mes agresseuses, mais sans succès.

-Qui êtes-vous? Qu’est-ce que je fais ici?

La deuxième voix prend la parole, tranchante.

-À vous de nous le dire. Vous savez très bien ce que nous voulons.

-De l’argent? L’attention des médias? Je ne comprends pas, je réponds, paniquée. 

Je ne comprends rien!

-Arrêtez de faire semblant! explose ma geôlière.

L’autre reprend, plus calmement :

-Ne jouez pas à l’innocente avec nous. Plus vite vous avouerez, mieux ça se passera.

Avouer?? Mais avouer quoi? Quel crime ai-je donc commis?

-Je vous en prie, je ne suis pas la personne que vous cherchez… Je n’ai aucune idée de ce dont vous parlez!

La détresse pointe dans ma voix. Mais qu’est-ce que j’ai fait?

-Ça, c’est ce que nous allons voir.

Et la lumière s’éteint brusquement, me laissant seule, confuse et plus paniquée que jamais. Mon cerveau tourne à plein régime, essayant de comprendre ce qui m’arrive. Peut-être que je suis tombée entre les mains de harceleurs? De la mafia? De trafiquantes d’organes? Vont-ils me laisser en vie quand ils se rendront compte que je suis la mauvaise personne?

Des larmes d’impuissance dévalent mes joues. Si seulement je pouvais voir autour de moi, peut-être aurais-je une chance de m’échapper… Je baisse la tête, découragée, les épaules tressautant de sanglots silencieux.

«Coupez!»

Les lumières se rallument, quelqu’un m’enlève mon bandeau. Ébahie, je cligne des yeux et regarde autour de moi; des caméras, projecteurs et micros m’entourent, avec toute une équipe de techniciens derrière. Un homme s’avance vers moi, me serre la main.

-Désolé pour cette petite mise en scène, mademoiselle Bukowski. Voyez-vous, elle était nécessaire pour capturer l’émotion réelle que ressentirait votre personnage. Avez-vous lu le scénario? Vous incarnerez une otage tombée aux mains d’esp…? Mademoiselle Bukowski? Mademoiselle? Eh bien, elle s’est évanouie!

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2e prix – Fritwoman

Ce matin, en sirotant un thé chaï bien fort et en feuilletant mon journal, je trouvai une drôle d’enveloppe en papier kraft dans ma boîte aux lettres. Elle contenait un énorme script et une courte lettre me priant de monter sans faire d’histoires dans une limousine qui passerait me chercher sous peu pour me conduire au bureau des créations Sunrise, à Nantucket, dans le Maine. Stupéfaite, je ne pris même pas le temps de feuilleter le document. De toute façon, je savais que j’allais accepter tout ce qu’on me proposerait! Je fis mes valises en hâte, laissai le chat à la voisine et montai dans la limousine que la compagnie m’avait gracieusement envoyée.

Je n’avais pas reçu de propositions de contrats depuis belle lurette maintenant et je n’avais toujours pas remis les pieds sur un plateau de tournage depuis l’accident. J’étais pourtant vouée à un avenir grandiose! À peine deux ans plus tôt, tout le monde me surnommait la “future reine du cinéma hongrois” ou la prochaine Eva Gabor. Ma photo était en couverture des magazines les plus en vogue, mon nom était sur toutes les lèvres. Puis, tout avait basculé. J’avais été victime d’un accident de voiture qui m’avait privée de l’usage de mes deux jambes et plongée dans un coma profond durant plus de sept mois. J’avais été remplacée par d’autres jeunes actrices, mon copain s’était fiancé à une jeune mannequin et tout le monde semblait m’avoir oubliée, rayée de la carte du jour au lendemain. Jusqu’à aujourd’hui.

Situé aux abords de la ville, le bureau des créations Sunrise était en fait un immense hangard où devaient se trouver tous leurs studios de tournage. “Pas mal pour une petite entreprise de la côte-Est”, pensai-je. J’entrai dans l’énorme bâtiment par l’entrée principale, et un gros bonhomme vint à ma rencontre.

-          Mais vous devez être Tania! Je suis tout à fait comblé de faire votre connaissance. J’étais tellement navré en entendant que vous aviez été victime d’un accident, je suis tout à fait ravi que vous soyez enfin sur pied! Enfin, façon de parler…

-          J’aimerais beaucoup parler au directeur des productions, si vous permettez, dis-je en détournant les yeux. Les allusions à mon handicap me faisaient encore très mal, mais je tâchais de ne rien laisser paraître.

-          Bien sûr, bien sûr, répondit mon interlocuteur, mal à l’aise. Il sera à vous dans une vingtaine de minutes. En attendant, il apprécierait beaucoup que vous fassiez le tour des différents plateaux de tournage. Cela fait déjà plusieurs semaines que le tournage de “Couronnée” bat son plein!, me lança-t-il en me jetant un drôle de regard.

 

Je me promenai tranquillement de salles en salles en observant les scènes que différents acteurs étaient en train d’interpréter. Le film en question relatait visiblement la vie d’une personne, de la petite enfance à l’âge adulte. Mais plus j’avançais, plus une étrange sensation envahissait mon esprit. Je connaissais cette histoire, je l’avais déjà vue. Ou vécue. Abasourdie, je n’entendis même pas le directeur des productions s’approcher de moi.

-          Alors, vous avez compris? me dit-il en posant sa main sur mon épaule.

-          C’est l’histoire de ma vie, chuchotai-je alors que des larmes roulaient sur mes joues. Mais pourquoi voudriez-vous faire un film sur ma vie? Je ne suis plus personne.

-          Vous plaisantez? Vous étiez une pionnière du monde du cinéma! Vous avez été élevée par une famille de la classe moyenne, en Hongrie, et vous vous êtes retrouvée parmi les plus grandes célébrités du monde à 20 ans à peine! Et l’histoire n’est pas terminée. Vous avez eu une seconde chance le jour où vous vous êtes réveillée de cet affreux coma. Ne la gâchez pas. Venez travailler ici avec moi. Notre film aura une fin heureuse, croyez-moi.

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3e prix – Fourchette

Les bottes de pluie

J’ai toujours rêvé de comédie. J’ai dévoré toutes les pièces de théâtre de mon enfance. J’ai écouté avec amour le cinéma québécois et celui d’ailleurs. J’avais le scénario en tête et le souhait enfoui dans le cœur. Aujourd’hui, j’ai la chance de réaliser mon rêve. Et pour rien au monde je ne laisserai tomber cette opportunité. Ce qu’on m’a dit, c’est que cet été, j’étais sélectionnée pour un certain rôle. Le film dans lequel j’allais jouer n’avais pas encore été baptisé. Je n’avais pas reçu de scénario. Mais le meilleur dans tout ça, c’est qu’on m’a informé que quelqu’un viendrait me chercher très bientôt pour m’amener en Josévénie. J’ai relu ce mot des centaines de fois en espérant trouver le bon pays slave. Mais il n’y avait aucune erreur. On m’envoyait en Josévénie. C’est en Joségrade que j’ai réalisé que je n’avais pas tout à fait tort. La petite ville avait été conçue spécialement pour le tournage. C’est en vérité en Slovénie, au cœur d’une petite campagne, que la Josévénie avait sa place. Les maisons étaient soigneusement peintes et décorées. C’était merveilleux. Je sirotais un thé dans un petit café de Joségrade lorsque le réalisateur s’approcha de moi à pas lourds. Il me parla du concept du film. J’en suis restée bouche-bée. Il y avait plusieurs comédiens. Ils avaient tous un rôle assez important. Et aussi étrange que cela puisse paraître, j’allais tenir le rôle principal. Ce n’était pas pour rien : Le film était inspiré de l’histoire de ma vie. Personne ne me connait ici, pas étonnant qu’il n’y ait aucun scénario. Pas surprenant qu’il n’y ait pas encore de titre. Le réalisateur m’a dit, juste avant de partir, ces mots : Vous allez devoir improviser. Il n’y aura que quelques prises. Vous aurez une semaine complète avec les comédiens, juste avant de commencer le tournage. Vous devrez leur compter votre vie. Par la suite, ils interprèteront le rôle de votre famille et de vos amis. Vous verrez, ce ne sera pas compliqué. Je lui ai demandé : Pourquoi vouloir raconter ma vie? Et il m’a répondu : Peut-être que vous ne réalisez pas à quel point elle est belle. Ce sera l’histoire d’une jeune fille frêle souffrant de la maladie de l’enfant bulle. Elle rêve de devenir comédienne. Puis aussi de réussir à sortir de sa maison, à respirer de l’air frais, à voyager et à prendre des photos. Et ça s’appelle « Les bottes de pluie ». Moi, c’est Josée Chrystelle. Je viens de vous partager une tranche de ma vie, parce que ce village avait été conçu pour moi, afin de mettre à l’écran une partie de moi.

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Mention spéciale – Xavpou

Basilius est une star hollywoodienne très connue car il a joué dans de nombreux films énormément connus comme: Indiana John et Pirates de l’atlantique. Maintenant, il a un contrat pour jouer dans le film Pong Skull Island. Pour ce faire il a été envoyé sur  une île déserte du nom de Pescadores pour y préparer son personnage, le militaire du nom de Timothée Spratt. Son manager, Jack Spot veut amasser tout un jackpot en détruisant les rumeurs selon lesquelles Basilius est peureux, ce qui est tout a fait vrai. Pour y arriver, il l’a envoyé dans cet endroit très périlleux qu’est l’île Pescadores. Par contre, Basilius, lui, ne le sait pas encore. De son coté Basilius s’imagine un coin de paradis pour un film de type romantique. C’est seulement 9 heures de vol plus tard qu’il arrive et se pose des questions. Où était sa villa? était sa voiture de luxe? Tout ce qu’il voit présentement est seulement un chalet de 5m carré avec des latrines à 300m, plus loin dans la forêt. C’est alors qu’il comprit enfin que Jack l’avait envoyé sur une île plus dangereuse qu’il ne l’avait laissé entendre. Il entra tout de même dans le chalet pour s’y installer et se qu’il y découvrit le fit sursauter. Des toiles d’araignées partout et une colonie entière de chauves-souris. Il chassa ces dernières puis s’installa pour dormir. Le lendemain, réveillé par un hurlement à vous glacer le sang dans les veines. Comme il est très peureux, il est resté caché. Puis sa curiosité l’emporta finalement sur sa peur et il se résigna à aller voir ce qui avait produit ce son. Au bout de 2 heures de recherche, il n’avait toujours pas trouvé et s’apprêtait à rebrousser chemin quand tout a coup, il l’entendit à nouveau. Le hurlement. De la même occasion, il parvint enfin à le voir. Le gorille mesurait environ 20m de hauteur et avait un pelage d’un noir de jais soyeux. Ce dernier semblait tombé du ciel car il ne l’avait pas aperçu malgré sa grandeur. En tout cas, le gorille, lui, pour sa part semblait l’avoir aperçu car il se saisit de lui et l’emmena dans sa cachette, au plus profond des montagnes. Basilius, terrorisé, s’évanouit dans l’énorme main du gorille géant. Quand il se réveilla, il ne vit que la paroi rocheuse de la grotte, avec quelques débris métalliques ça et là avec un énorme tas de feuillage, qui devait servir de lit au mastodonte. En tout cas, Basilius savait ce qu’il avait à faire : sortir de cette grotte au plus vite! C’est alors que ce dernier aperçut une faille dans la roche, menant certainement à l’extérieur de la montagne. Puis, il se décida. Il devait revenir au chalet, puis appeler les secours immédiatement. C’est ce qu’il fit et, trois jours plus tard, les secours arrivèrent. Il retourna donc dans sa villa à 83 milliards de dollars en un seul morceau et sain et sauf!

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Voilà! Encore bravo à Avant_le_verbe qui se mérite un chèque-cadeau d'une valeur de 25 $ échangeable à la Librairie Pantoute. Comme deuxième et troisième prix, Fritwoman et Fourchette recevront des romans.

Bravo également à tous les participants! J’espère avoir la chance de tous vous rencontrer à la fête de clôture qui aura lieu, ce samedi (19 août), de 14h à 17h, à la bibliothèque Monique-Corriveau.
Le Chien

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